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Aux Fondements De La Pensée Indienne

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Jui 7

De La Naissance A La Mort

(Source : oraney.blogspot.com)

L’intrépidité Et Le Courage

 

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Tous ceux qui lisent la Gîtâ savent que l’intrépidité figure en tête de la liste des Attributs divins énumérés au seizième chapitre. 

Je ne suis pas en mesure de dire si cela est dû aux exigences de la versification ou si c’est avec intention que l’auteur attribue à l’intrépidité la place d’honneur. 

À mon avis néanmoins, elle mérite largement la première place qui lui est assignée, car elle est indispensable pour le développement des autres qualités nobles. 

Comment sans intrépidité peut-on chercher la Vérité ou chérir l’Amour ? 

Comme le dit Pritam (1), le sentier qui mène à Hari « le Seigneur » est le sentier du brave, non celui des lâches. 

Ici, Hari désigne la Vérité, et les braves ne sont pas ceux qui sont armés d’épées, de fusils, etc., ce sont les intrépides. 

Seuls ceux que possède la crainte se munissent d’armes. 

L’intrépidité révèle que l’individu est libéré de toute crainte extérieure, que ce soit celle de la maladie, des blessures physiques, de la mort, ou celle de perdre ses biens, de perdre les êtres les plus proches et les plus chers, de perdre sa réputation, d’offenser autrui, etc.. 

Celui qui a vaincu la crainte de la mort n’a pas par la vaincu toutes les autres craintes comme on le suppose communément, mais à tort. 

Certains d’entre nous ne redoutent pas la mort, mais fuient devant les petits maux de la vie. 

Certains sont prêts à mourir, mais ne peuvent supporter que des êtres chers soient enlevés. 

Certains avares supportent tout, et sont prêts à abandonner leur vie, mais pas leurs biens.

D’autres feront n’importe quelles actions sinistres pour maintenir leur soi-disant prestige.

D’autres s’écarteront de la voie droite et étroite qu’ils voient clairement devant eux, simplement parce qu’ils ont peur de se faire blâmer par la société. 

Celui qui cherche la Vérité doit surmonter toutes ces craintes. 

Il doit être prêt à tout sacrifier pour cette recherche, comme le fit Harishchandra. 

L’histoire de Harishchandra peut n’être qu’une parabole, mais tous ceux qui cherchent savent, par leur propre expérience, qu’elle est vraie ; et par conséquent elle a autant de valeur que n’importe quel fait historique. 

L’intrépidité parfaite ne peut être atteinte que par celui qui a réalisé le Suprême, car cela implique qu’il est libéré de l’illusion des mirages. 

On peut toujours se rapprocher de ce but si l’on fait un effort décidé et persévérant, et si l’on entretient la confiance en soi. 

Comme je l’ai dit dès le début, il faut nous débarrasser de toute crainte extérieure. Mais il faut toujours craindre les ennemis Intérieurs. 

Nous avons raison de redouter la passion bestiale, la colère, etc. Les craintes extérieures cessent d’elles-mêmes, une fois que nous avons triomphé de ces traîtres dans notre camp. 

Pour toutes ces craintes, le corps est le centre autour duquel elles évoluent, et par conséquent elles disparaissent dès qu’on s’est libéré de l’attachement pour le corps. 

Nous voyons ainsi que toute crainte extérieure est tissée sans aucune base par notre façon de voir les choses. 

La crainte n’a point de place dans notre cœur, lorsque nous avons rejeté notre attachement pour la richesse, la famille et le corps. 

« Jouis des choses de la terre en y renonçant » est un noble précepte. 

La richesse, la famille, le corps, seront là malgré tout ; il nous suffit de modifier notre attitude envers eux. 

Tout cela appartient à Dieu, et pas à nous. Absolument rien dans ce monde n’est à nous.

Nous même nous Lui appartenons. Alors pourquoi aurions-nous la moindre anxiété ? 

C’est pourquoi l’Upanishad nous donne pour instructions de « renoncer à notre attachement pour les choses dont nous jouissons », Cela signifie que nous devons nous y intéresser non pas comme propriétaires, mais comme gardiens de ce qui nous a été confié. 

Celui au nom de qui nous les détenons nous donnera la force et les armes nécessaires pour les défendre contre tous les usurpateurs. 

Quand nous cesserons d’être des maîtres, et que nous descendrons au rôle de serviteurs, plus humbles que la poussière que nous foulons, toutes les craintes se dissiperont comme des brumes —

Nous atteindrons la paix ineffable et nous verrons Satyanârâyana « le Dieu de Vérité » face à face.

 

(1) Poète et Saint Gujarate du XVIIIe siècle, qui écrivit des Chants sacrés.

 

— Extrait de « Lettres à l’Âshram » —

 

Gandhi —

 

Billet proposé par Aron O’Raney

(Source : oraney.blogspot.com)

L’Expérience Libératrice De La Mort

 
 
 
Sri Ramana Maharshi — (1879-1950)
 
 
 
Qui Était Cet Homme Simple, Vivant Presque Nu Sur Sa Montagne De Pierres Brûlantes ? 
 
Qu’a T’il Fait D’extraordinaire Pour Recevoir Tant D’honneurs Et Susciter Tant De Ferveur À L’instant De Sa Mort ?
 
 
Lui Le Sage D’Arunachala
 
 
Le grand paradoxe spirituel de celui que l’on nommera plus tard « Bhagavan » est que le jeune Venkataraman Ayer ne suivra aucun enseignement particulier et ne pratiquera aucune des disciplines et ascèses suivies par tous les chercheurs spirituels en quête de l’Éveil ; il n’aura ni maître ni gourou. 
 
Les écritures sacrées et les pratiques rituelles lui sont étrangères ; il entrera en sainteté innocent, directement par la grande porte : celle, abrupte, de l’expérience de la mort.
 
L’enfant naîtra le jour de la procession annuelle de Siva Nataraja, à l’instant où le Dieu rentra dans le temple de Tiruchili au Tamil Nadu. C’était le 30 décembre 1879.
 
 
Venkataraman passa une enfance sans histoire entre ses parents et ses frères recevant l’éducation d’un jeune brahmane ; ses seules lectures étant celles de la vie des saints tamouls qu’il découvre vers seize ans.
 
Cependant, la visite d’un oncle lui révèle l’existence d’Arunachala ; le mot même le met en émoi et éveil en lui un profond désir d’absolu.
 
Lorsqu’il apprit qu’il s’agissait d’une montagne des environs de Gingee, plus au Nord, il se sentit irrésistiblement attiré par ce lieu.
 
Mais l’expérience déterminante le saisit à dix-sept ans alors qu’il se trouvait seul dans sa chambre :
 
« Je fus pris soudain d’une violente peur de la mort (…)
 
Je me disais : je vais mourir ! Et je me demandai que faire ; il ne me vint pas à l’idée d’appeler quelqu’un (…)
 
Je sentais qu’il me fallait résoudre moi-même le problème sur le champ (…)
 
Je me répétais : maintenant que la mort est là, que signifie — t’elle, qu’est-ce que mourir ?
 
C’est ce corps-là qui meurt !
 
Je m’allongeais et laissais mon corps rigide, mais étais-je mort par la mort de mon corps ?
 
Mon corps est-il « moi » ?
 
Et je réalisais soudain que l’esprit lui ne pouvait être touché par la mort ; ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.
 
L’Atman, le Soi, était la seule chose réelle au cœur de cette expérience. La crainte de la mort avait disparu pour toujours et l’absorption dans le Soi se poursuivit sans interruption. »
 
Telle fut la seule initiation spirituelle reçue par le jeune homme ; expérience irrémédiable et déterminante sur laquelle il engagea toute sa vie : la fusion définitive de sa conscience dans l’Esprit Universel.
 
 
 
Bhagavan Sri Ramana Maharshi
 
 
 
Billet proposé par Aron O’Raney